Vos salariés utilisent peut-être déjà Chat GPT ou Claude sans attendre que votre entreprise ait fixé des règles. Faut-il les laisser expérimenter, encadrer les usages ou les former ?
En bref : comment accompagner et former les salariés à l’IA
Les salariés utilisent parfois l’intelligence artificielle avant même que leur entreprise ait défini des règles précises. Pour une PME, la priorité est donc d’identifier les usages existants, de fixer un cadre et de former les collaborateurs en fonction de leurs métiers.
L’AI Act demande aux entreprises qui fournissent ou utilisent des systèmes d’IA dans leur activité de prendre des mesures pour développer la maîtrise de l’intelligence artificielle des personnes qui les utilisent pour leur compte. Il n’impose toutefois ni formation identique pour tous, ni certification obligatoire.
En France, l’employeur doit également accompagner les salariés dans leur maintien à leur poste et veiller à leur capacité à occuper un emploi face à l’évolution des technologies.
Concrètement, une PME peut commencer par quatre actions : identifier les usages de l’IA, définir les outils et données autorisés, former les salariés sur des cas métier et vérifier ensuite les résultats obtenus.
Un commercial peut demander à ChatGPT de préparer un rendez-vous.
Un responsable marketing peut générer des idées de contenus avec Claude.
Un manager peut utiliser Gemini pour synthétiser une réunion.`
L’utilisation de l’intelligence artificielle peut faire gagner beaucoup de temps. Mais elle soulève une question majeure :
Que se passe-t-il si un salarié copie dans un outil public la liste de vos clients, un contrat confidentiel ou des informations personnelles ? Et s’il reprend sans vérification une information inventée par l’IA ?
Pour un dirigeant de PME ou un manager, l’enjeu est désormais très concret : permettre aux équipes de tirer profit de l’IA sans exposer l’entreprise à de nouveaux risques.
L’accompagnement des collaborateurs est donc essentiel afin de répondre à cette problématique.
Il existe désormais une véritable responsabilité de l’entreprise, mais cela ne signifie pas que vous devez inscrire demain tous vos salariés à la même formation.
Depuis 2025, l’AI Act demande aux entreprises qui fournissent ou utilisent des systèmes d’IA dans leur activité de prendre des mesures pour développer la maîtrise de l’IA des personnes qui les utilisent pour leur compte.
Et cela ne concerne pas uniquement les entreprises qui créent des logiciels d’IA. Une PME qui utilise des outils d’intelligence artificielle dans son activité peut, elle aussi, être concernée.
Par exemple, une agence immobilière utilisant une IA pour rédiger ses annonces, une agence d’intérim utilisant un outil dans ses processus de recrutement ou une entreprise dont les collaborateurs utilisent un assistant IA professionnel.
La Commission européenne précise que les entreprises concernées doivent prendre des mesures pour développer la maîtrise de l’IA de leurs équipes, sans imposer une formation identique ou un niveau déterminé à chaque salarié.
En clair : vous devez vous assurer que vos collaborateurs qui utilisent l’IA comprennent suffisamment le fonctionnement de ces outils, leurs limites et les risques associés afin de les utiliser correctement.
Il existe également une deuxième raison de s’en soucier.
Le Code du travail, à l’article L6321-1, impose à l’employeur d’adapter les salariés à leur poste et de veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi, notamment face à l’évolution des technologies.
Si l’IA transforme réellement le travail de vos équipes, la montée en compétences devient donc un sujet RH à part entière.
D’autant plus qu’une étude publiée en septembre 2026 par l’Université de Constance réalisée auprès de 1.105 salariés interrogés indique que 38% déclarent utiliser l’intelligence artificielle dans leur travail. Mais surtout, seuls 55 % d’entre eux indiquent que l’outil qu’ils utilisent le plus souvent a été officiellement mis à leur disposition par leur employeur.
Autrement dit, les salariés n’attendent pas toujours la feuille de route de l’entreprise pour commencer à expérimenter.
Il n’est pas nécessaire de lancer immédiatement un grand programme de transformation.
Pour une PME, quatre étapes permettent déjà de reprendre la main :
Cette approche est souvent plus efficace qu’une grande formation théorique sur l’intelligence artificielle en général.
Il n’est pas nécessaire de commencer par tous les collaborateurs. Regardez d’abord qui utilise déjà l’IA et dans quel but. Les salariés qui utilisent régulièrement ces outils constituent évidemment une première cible.
Viennent ensuite les métiers dont les pratiques évoluent rapidement : marketing, commercial, RH, fonctions administratives, management, communication…
Enfin, une attention particulière doit être portée aux collaborateurs qui manipulent des informations sensibles ou utilisent l’IA pour des décisions importantes.
Le manager joue ici un rôle essentiel. Comment peut-il encadrer une équipe utilisant quotidiennement l’IA s’il ne comprend lui-même ni son fonctionnement ni ses limites ?
Pour aller plus loin : Pourquoi le manager doit-il impérativement s’approprier l’IA ?
Un salarié n’a pas besoin de devenir expert en intelligence artificielle. Il doit surtout apprendre à faire quatre choses :
C’est probablement cette dernière compétence qui distingue le plus un utilisateur débutant d’un utilisateur réellement autonome.
Une bonne formation ne doit donc pas se limiter à montrer comment rédiger un prompt. Elle doit permettre au salarié d’intégrer l’IA dans son métier sans abandonner son esprit critique.
Une fois les besoins identifiés, inutile de traiter l’IA séparément de toute la politique RH.
Posez-vous simplement ces questions :
• Quels métiers vont être les plus transformés ?
• Quelles compétences manquent aujourd’hui ?
• Quelles formations doivent être prioritaires ?
Vous pourrez alors intégrer ces besoins au plan de développement des compétences de l’entreprise et prévoir progressivement les budgets nécessaires.
Vos collaborateurs n’attendront probablement pas que votre stratégie IA soit parfaitement finalisée pour tester ces nouveaux outils. Certains ont même sans doute déjà commencé.
Pour une PME, la priorité n’est donc pas de rédiger immédiatement une politique « intelligence artificielle » de cinquante pages. Commencez plus simplement en découvrant les usages qui existent déjà, en fixant quelques règles, en identifiant les métiers concernés et en formant vos équipes sur des cas concrets.
L’enjeu n’est pas de transformer tous vos salariés en spécialistes de l’intelligence artificielle. Il est de leur permettre de profiter de ses avantages sans mettre l’entreprise en difficulté.
Et plus tôt cette montée en compétences sera organisée, plus vite vous tirerez profit des atouts de l’intelligence artificielle au sein de votre entreprise.
Il n’existe pas de formation IA unique et obligatoire pour tous les salariés. En revanche, l’AI Act impose aux fournisseurs et aux entreprises qui déploient des systèmes d’IA de prendre des mesures pour développer la maîtrise de l’IA des personnes qui les utilisent pour leur compte. Le Code du travail impose également à l’employeur d’adapter les salariés à l’évolution de leur poste et des technologies.
Elle peut l’être. Dans l’AI Act, une entreprise qui utilise sous sa propre autorité un système d’IA dans le cadre de son activité peut être considérée comme un « déployeur ». Le règlement ne concerne donc pas uniquement les entreprises qui développent des logiciels d’intelligence artificielle.
Non. L’AI Act n’impose ni durée minimale de formation, ni programme standard, ni certification spécifique. Les mesures doivent être adaptées aux connaissances des salariés, aux systèmes utilisés et aux risques liés aux usages.
Commencez par les collaborateurs qui utilisent déjà régulièrement des outils d’IA et ceux dont les métiers évoluent rapidement. Une attention particulière peut être portée aux salariés qui manipulent des informations sensibles ou utilisent l’IA pour préparer des décisions importantes.
Il doit notamment apprendre à utiliser l’IA dans son métier, vérifier les réponses produites, protéger les informations confidentielles et identifier les situations dans lesquelles une validation humaine reste nécessaire.
Commencez par identifier les métiers concernés, les compétences qui vont évoluer et les écarts avec les compétences actuellement disponibles. Les actions prioritaires peuvent ensuite être intégrées au plan de développement des compétences et budgétées pour l’année à venir.