Chaque publication diffusée par une entreprise sur un réseau social est appréhendée par tous les profils d’individus : salariés, futurs collaborateurs certes mais aussi clients, partenaires, investisseurs, fournisseurs, concurrents ou encore étudiants. Que ce soit sur LinkedIn, Instagram, Tik Tok ou Facebook, chacun y évalue la crédibilité, l’attrait de l’organisation avant de partager sans retenue à son réseau.
A l’heure actuelle, la médiation de la confiance est un défi majeur, selon le baromètre de confiance Edelman. Les réseaux sociaux y ont un grand rôle à jouer à condition de définir une bonne stratégie.
Comment bien choisir son ou ses réseaux ? Quels leviers internes sont exploitables ? Quels contenus marchent le mieux ? Dans cet article, nous vous proposons de faire le point sur les bonnes pratiques de gestion de la marque employeur avec Virginie Billault – community manager indépendante.
La proposition de valeur employeur est la pierre angulaire de la marque employeur. La PVE répond donc à la question cruciale : « Qu’est-ce qui rend l’entreprise unique et attractive pour les employés actuels et futurs ? ».
LA PVE doit être claire, cohérente et surtout crédible et s’incarner dans la réalité terrain.
Toutes les cibles ne recherchent pas les mêmes éléments. La communication doit donc être adaptée selon les profils.
Par exemple, un développeur informatique peut être sensible à l’autonomie, aux outils utilisés ou au télétravail. Un responsable logistique sera attentif à l’organisation, aux perspectives d’évolution ou à la stabilité de l’entreprise.
Concrètement, une PME industrielle peut publier des vidéos montrant les équipements utilisés et les formations internes proposées pour attirer de nouveaux candidats. Une agence marketing cherchera plutôt à valoriser la créativité de ses équipes et sa culture collaborative.
Vos lecteurs repèrent rapidement les discours artificiels. Dire que l’entreprise est “humaine” ou “innovante” ne suffit plus. La communication doit-être incarnée par le terrain : Il faut donc montrer des situations concrètes.
Par exemple, un onboarding réussi, un retour d’expérience collaborateur, une journée de formation, un projet mené collectivement.
Dans ce contexte, les témoignages spontanés des salariés sont souvent plus efficaces qu’un discours institutionnel.
“Aujourd’hui, les contenus qui inspirent confiance et qui génèrent le plus d’engagement sont les contenus axés sur l’humain. Montrer les coulisses d’une entreprise ou mettre en avant un collaborateur ou un dirigeant, communiquer sur des actions RSE sont des leviers puissants. Un de mes clients a soutenu financièrement un club sportif local afin qu’il puisse participer à un tournoi régional. L’information relayée sur LinkedIn a eu un fort impact sur l’engagement des internautes. L’authenticité partagée crée un lien émotionnel plus fort car les cibles sont plongées dans la vraie vie de l’entreprise !” – Virginie Billault
Les salariés sont les premiers ambassadeurs de l’entreprise. Leur donner la possibilité de publier en leur nom impose tout même de mettre en place une charte de contenu de l’entreprise en amont afin de fixer des limites. Les salariés ambassadeurs représentent un réel gage d’authenticité et d’honnêteté de l’entreprise pour les candidats.
Ils peuvent ainsi partager leur propre vision de leur métier, leur engagement envers l’entreprise, les projets et actions, leurs apprentissages et montées en compétences…
Lors de l’étude de vos cibles, bien entendu, il faudra déterminer quelles sont leurs habitudes de consommation en matière de réseaux sociaux et définir impérativement vos principaux objectifs de communication : augmenter votre croissance, recruter de nouveaux talents pour tel ou tel métier, créer un vivier de candidats, vendre vos produits.
» Le choix d’un réseau social doit répondre à deux critères, la présence de votre cible et l’adéquation avec votre objectif de communication. Si les talents que vous recherchez ne sont pas sur LinkedIn, ce réseau professionnel, auquel on pense en premier lieu, cela ne sera pas forcément la plateforme idéale pour recruter. Si on regarde la stratégie de la marque de cosmétique Respire, elle communique sur ses produits via Instagram et mise sur LinkedIn et le storytelling pour partager l’histoire de sa fondatrice et ses valeurs.”
Idéalement, la marque employeur devra être présente sur au moins deux types de réseaux sociaux :
Le rapport annuel du Digital Report dresse un état des lieux précis du paysage numérique français en 2026 et notamment le classement des réseaux sociaux (incluant les plateformes de messagerie)
Chaque plateforme a son format privilégié en matière de contenu. Cela influence donc d’une part le sujet de la publication et la manière dont vous concevez le contenu.
Les réseaux sociaux fonctionnent comme des moteurs de recherche. Les internautes utilisent LinkedIn ou autre pour rechercher des informations et des preuves sociales sur un métier, une entreprise, un produit, etc.
La visibilité dépend donc aussi de l’optimisation des contenus : il faut utiliser les bons mots-clés !
Ainsi les descriptions d’entreprise, les biographies et les publications doivent intégrer des termes précis selon l’objectif visé.
Les hashtags sont de l’histoire ancienne. Si certains les utilisent encore, l’algorithme ne se base plus sur eux pour le référencement des publications.
“La visibilité des publications se gère aujourd’hui comme celle des sites internet. Le référencement repose, tout comme le SEO, sur l’utilisation de mots-clés. Par exemple, une entreprise locale va miser sur la zone géographique, le secteur d’activité ou encore le nom de métier sur lequel elle recrute. Ceux-ci sont à insérer dans les légendes de la publication.” – Virginie Billault.
Beaucoup d’entreprises évaluent encore leur présence sociale uniquement à travers les likes. Pourtant, ces indicateurs restent insuffisants pour mesurer l’efficacité d’une marque employeur.
En amont, il faut clairement définir les objectifs à atteindre en fonction de la stratégie initiale. Ce peut-être tout ou partie des indicateurs suivants :
“L’indicateur le plus fort est celui de l’engagement. Ce dernier n’est pas restreint aux likes. Il relève aussi des commentaires et des partages. Le nombre d’abonnés est également souvent brandi comme un indicateur de performance. Or, à lui seul, il ne veut rien dire. Si vous avez 1000 abonnés et 2 likes, c’est qu’il y a un réel manque de performance. D’ailleurs l’achat d’abonnés par les créateurs est un biais pour essayer de tromper l’algorithme et l’internaute ! Ce qui rend visible une publication c’est le taux de like et de commentaires. L’algorithme perçoit l’intérêt à travers ces deux indicateurs et décide alors de rendre visible la publication à un plus grand nombre d’utilisateurs.” – Virginie Billault
Toutefois, dans ce paysage digital impitoyable, le bon sens reste votre meilleur allié. Par exemple, si vous recrutez en publiant une offre d’emploi, une publication avec peu de vues ou de likes mais consultée par des profils qualifiés peut avoir beaucoup de valeur !
La marque employeur sur les réseaux sociaux influence directement la capacité d’une entreprise à attirer, recruter et fidéliser les talents. Ces derniers recherchent des preuves concrètes : équipes visibles, projets réels, managers engagés et culture d’entreprise assumée. Construire une marque employeur forte sur les réseaux sociaux demande donc une approche qui remplacent les discours standardisés par des contenus incarnés, utiles et authentiques.
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