Entre avalanche d’images et boulimie consommatrice, les entreprises doivent se montrer créatives, sortir du lot et soigner l’impact de leur image de marque. La communication visuelle est ainsi leur premier levier de crédibilité et d’efficacité marketing. Le graphisme est un langage à part entière qui, au-delà du branding et du marketing, s’invite même jusque dans les réunions internes dans l’entreprise sous le nom de facilitation graphique.
D’un côté, la communication de marque et l’identité publique de l’entreprise. De l’autre, la facilitation graphique, un outil de travail collaboratif et cognitif.
Cet article explore les codes de la création visuelle, entre expertise métier et outils technologiques, sous le regard éclairé de Floriane Couture – designer graphique et illustratrice – Studio Flou.
L’identité de marque : le socle du marketing
Les outils de création graphique : autonomie et limites
L’IA et le graphisme : le regard de Floriane Couture
La facilitation graphique, un levier cognitif puissant pour communiquer
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Qui dit avalanche d’images, dit haute concurrence visuelle. L’agilité en termes de communication par l’image est donc une priorité pour séduire, se différencier et rassurer ses clients par une image forte qui porte les valeurs et les promesses d’une marque. L’identité visuelle, socle du marketing, ne se résume pas à un simple logo. C’est un système cohérent qui permet à l’audience de vous identifier en une fraction de seconde, que ce soit sur un écran de smartphone ou lors d’un salon professionnel.
Si la technologie augmentée peut convenir dans un premier temps pour créer soi-même de petits supports comme un logo ou un flyer, voire tout un site web, elle ne suffit pas pour concevoir une stratégie et une architecture visuelle déclinable sur tous les supports de communication. Du logo à l’habillage de stand, en passant par le site internet, il y a un véritable gap technique.
Si les technologies avancées permettent de se débrouiller seul, en termes de supports, de qualité d’image et de stratégie de communication visuelle, Floriane Couture rappelle qu’elles présentent rapidement des limites.
“L’IA est un super outil qui aide réellement les entreprises qui débutent à avoir une base pour leur communication. Selon moi, utiliser l’IA pour créer son logo par exemple, ne permet pas un résultat sur mesure et entièrement personnalisé. Aussi, la qualité n’est pas toujours idéale car aujourd’hui, les IA fournissent la plupart du temps des « images » et non des fichiers vectoriels. Cela limite donc leur utilisation et il sera compliqué d’utiliser le fichier sur un grand format par exemple. Et enfin, on peut aussi retrouver un manque de cohérence entre les divers supports créés par l’IA.”
Les systèmes de création et de gestion de contenus comme WordPress sont des solutions performantes mais qui peuvent manquer de personnalisation pour les non aguerris. La valeur ajoutée d’un graphiste designer UI est d’adapter les modèles proposés en fonction des besoins client.
“L’avantage de travailler avec un UI designer pour la création de son site web, c’est, une fois de plus, la personnalisation. Le template peut être une base de travail mais l’intérêt de travailler avec un UI designer est que ce dernier va créer les maquettes en fonction de l’objectif du site web, il va pouvoir personnaliser les icônes, les formes, les éléments graphiques de manière générale.”
En termes d’identité visuelle, l’illustration personnalisée est une arme de différenciation massive. Elle apporte une touche humaine, de la poésie ou une note d’humour. L’identité de marque devient alors plus émotionnelle avec un message visuel unique, renforçant l’originalité du positionnement marketing.
Aujourd’hui, nul besoin d’être designer graphique et de maîtriser indesign ou illustrator pour créer son logo ou son support visuel. L’autonomie est à portée de main. Freelances et TPE peuvent, au démarrage de leur activité, faire l’impasse sur une charte graphique et une stratégie de cohésion visuelle et se lancer avec des outils opensource dopés à l’IA.
Dans ce contexte, des outils comme Canva (https://www.canva.com/) ou Scribus (https://scribus.fr/) ont révolutionné leur quotidien. Ils peuvent nécessiter une courte formation pour les exploiter efficacement. Ils permettent alors une autonomie précieuse pour :
Si l’autonomie est un atout au démarrage, elle rencontre vite des obstacles dès que l’entreprise grandit :
L’intelligence artificielle générative transforme les processus créatifs. Pour mieux comprendre cette mutation, Audavia a interrogé Floriane Couture – designer graphique – pour comprendre comment, aujourd’hui, l’humain et l’IA cohabitent pour construire des identités visuelles singulières.
“J’utilise les IA conversationnelles pour parfois enrichir mes idées. L’échange va me permettre d’explorer des pistes graphiques auxquelles je n’aurais peut-être pas songé, au même titre que je peux échanger avec d’autres professionnels de mon secteur. Cela m’aide à structurer mes pensées avant de passer à la création pure. J’utilise également les outils IA intégrés dans la suite Adobe pour une retouche photo par exemple, et de manière générale pour m’aider dans certaines tâches administratives. Tout cela me permet de gagner du temps et de me concentrer sur mon cœur de métier : la création.”
“Pour moi, il y a deux réponses. Je pense que l’IA ne pourra jamais automatiser l’écoute attentive. En effet, j’essaye toujours de bien comprendre le besoin de mon client avant de commencer à créer. J’échange, je prends des notes, je pose des questions…et cette écoute là est indispensable pour répondre de manière précise à la demande. Aussi, même si l’IA me permet de brainstormer, et génère des idées, je suis convaincue qu’elle ne sera jamais plus créative qu’un humain.”
“Une entreprise qui l’utiliserait à 100% pour la création de ses supports de communication risque vite de se heurter à des problèmes de qualité, dès lors qu’il s’agisse de supports imprimés en assez grand format. Elle peut aussi manquer de cohérence visuelle et donc perdre sa cible avec un style différent à chaque support. Aussi, l’IA étant entraînée par des images existantes, il peut être fréquent de se retrouver avec des visuels qui ressemblent fortement à ceux déjà existant dans le secteur d’activité de l’entreprise, voire à frôler la reproduction illicite de quelque chose d’existant.”
“La plupart de mes clients aiment mon approche sur mesure et à l’écoute réelle du besoin. En effet, ils ne retrouvent pas cela avec une IA. Ils apprécient aussi simplement le contact humain, le fait de pouvoir échanger avec moi avec des mots simples. Mon métier consiste à traduire visuellement les idées de mes clients et souvent, il est plus facile de communiquer des idées à un humain plutôt que de rédiger LE prompt qui va capter tout de suite ce que l’on souhaite. De plus, certaines entreprises viennent me voir car après avoir débuté avec un logo créé à l’aide de l’IA par exemple, elles se retrouvent bloquées lorsqu’il s’agit de créer des supports plus grands formats.”
“Je vais me répéter, mais je pense que l’écoute est essentielle. En captant les émotions, les valeurs que souhaitent transmettre les clients dans leurs projets, je peux plus facilement le retranscrire visuellement. Je pense également qu’il y a une histoire de « patte créative ». J’ai développé, au fil des années, un certain style et les personnes qui souhaitent travailler avec moi viennent vers moi aussi pour cela. “
“Je dirais que l’IA est un bon outil mais que la créativité reste le fruit du travail de l’humain. N’oublions pas que l’IA s’entraîne à partir de contenus aujourd’hui beaucoup créés par l’IA elle-même et donc, petit à petit, les contenus s’appauvrissent. J’espère qu’avec toutes les manières qui existent de développer sa créativité au quotidien, l’humain surpassera toujours l’IA dans ce domaine.”
La communication visuelle ne se limite pas au marketing externe. En interne, lors de formations, de réunions d’équipes ou de gestion de projets complexes nécessitant le partage de savoirs, la facilitation graphique s’impose comme un outil de productivité efficace.
Ici, le dessin n’est plus un objet esthétique pour vendre, mais un levier cognitif pour simplifier des concepts complexes, former des équipes et libérer l’intelligence collective en interne.
Le cerveau traite les images 60 000 fois plus vite que le texte. Ainsi, la facilitation graphique permet de :
Faut-il savoir dessiner pour utiliser la facilitation graphique ?
“Non pas nécessairement. La facilitation graphique est selon moi une nouvelle manière de prendre des notes et de synthétiser des choses. Il s’agit donc davantage de texte que de visuels et tout le monde est en mesure de dessiner des bonshommes bâtons !”
Comment l’intégrer dans son quotidien ? Y a-t-il des situations plus propices que d’autres ?
“Depuis que j’ai découvert et me suis formée à cette méthode, je trouve qu’elle peut être applicable à tellement de situations…écrire une recette, prendre des notes lors d’une réunion, synthétiser un sujet complexe, les utilisations sont, je pense, infinies ! “
Avez-vous un cas d’usage concret à partager ?
“En ce début d’année, j’accompagne une personne qui souhaite expliquer le principe de psychobiologie à des patients. C’est une notion qui n’est pas forcément simple à comprendre et l’idée est d’en faire un support très visuel qu’elle pourra avoir avec elle afin d’expliquer le concept de manière imagée et plus schématique. “
La technologie offre des outils puissants, mais la véritable communication visuelle réside dans l’intention. Que ce soit à travers un logo stratégique, une illustration habitée ou une séance de facilitation graphique, l’humain reste le garant du sens et de la personnalisation des messages visuels.
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